À Kindia, le Comité Régional des Acteurs du Développement Rural (CRADER) franchit une nouvelle étape. À l’occasion de sa deuxième session,tenue les 27 et 28 Août 2026, le cadre de concertation évolue vers un modèle davantage opérationnel, avec l’ambition de devenir un véritable porteur de projets au service du développement rural dans la région.

Désormais présenté comme le « CRADER-K 2.0 », le comité entend passer d’une simple plateforme de dialogue à un mécanisme de coordination et de maîtrise d’ouvrage régionale, capable de fédérer les différents acteurs autour d’un même plan d’action.

Etaient présents, les principaux acteurs du développement rural : services publics de l’agriculture et de l’élevage, environnement et développement durable, pêche, organisations paysannes ainsi que la Chambre nationale d’agriculture, ainsi que les représentants de plusieurs médias partenaires, dont Radio Environnement.
Pour Thibault Vandevelde, chef de projet Agri-Eco à Enabel, cette évolution traduit surtout la volonté de préparer progressivement le retrait des partenaires au profit d’une appropriation locale durable « Le CRADER-K, qui existait il y a plus de 20 ans, est en train de grandir et d’avoir une autre dimension. On l’appelle d’ailleurs CRADER-K 2.0 parce que maintenant, il devient porteur de projet. »a-t-il expliqué
On se met carrément en retrait pour que ces acteurs pérennes puissent porter la stratégie », explique Thibault Vandevelde.
Mais le principal défi reste désormais la mise en œuvre concrète du plan d’action.
Une concertation inclusive

Pour Doussouba Oularé, Directrice régionale de l’Agriculture et de l’Élevage de Kindia, cette approche inclusive doit permettre de mieux planifier les interventions « Plusieurs acteurs se sont réunis ici pour pouvoir échanger sur les priorités afin de planifier aussi les échéances à venir, c’est-à-dire le prochain semestre. Il y a eu des recommandations fortes. » a-t-elle souligné.

Mettre fin à la dispersion des initiatives

Au-delà de la concertation, l’un des enjeux majeurs reste la coordination des différentes interventions dans la région. L’objectif est d’éviter que les projets soient conçus et exécutés de manière isolée, au risque de disperser les ressources et les efforts.

Cheick Tidjane Diané, représentant de la Chambre nationale d’agriculture, insiste sur la nécessité d’une véritable synergie « Ce dont on a le plus besoin, c’est une coordination, une synergie d’action pour ne pas que les efforts soient dispersés. Vous devriez faire partie des projets qu’on doit implémenter pour que ces projets-là puissent réussir. » a-t-il rappelé

Trois (3) défis pour réussir le pari du CRADER-K 2.0

Pour transformer cette nouvelle dynamique en résultats durables, trois conditions apparaissent essentielles.

Premièrement, clarifier les rôles. Chaque acteur devra connaître précisément ses responsabilités dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des projets.

Deuxièmement, renforcer les capacités techniques. Le passage au statut de porteur de projets suppose notamment des compétences en ingénierie de projet, en suivi-évaluation et en gestion financière.

Enfin, assurer l’alignement des partenaires. Les interventions des partenaires techniques et financiers devront davantage s’inscrire dans le plan d’action défini collectivement par le CRADER-K.

Avec cette nouvelle orientation, le CRADER-K 2.0 entend ainsi poser les bases d’une gouvernance rurale plus coordonnée, inclusive et durable, capable de porter les priorités de développement de la région de Kindia au-delà de l’appui ponctuel des partenaires. Tout un défi !
Joe ZOUM pour Radio Environnement

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