Dans l’arrière-pays, précisément dans les localités de Kounsitel, Kiniéro et Kintinian, l’ONG ATUJG en collaboration avec les organisations membres de son consortium, ont conduit récemment une campagne de sensibilisation et de reboisement des zones dégradées par l’exploitation minière artisanale. La mission de terrain était sur le terrain du 19 au 30 septembre 2026, une présence active qui a permis de faire le point sur les résultats, d’apprécier l’évolution des plantations et de souligner la nécessité de mobiliser des moyens conséquents pour poursuivre et élargir cette initiative.
Dans les zones aurifères de Guinée, l’exploitation minière artisanale représente une source de revenus pour de nombreuses familles. Mais elle laisse aussi des traces sur l’environnement : destruction du couvert végétal, dégradation des sols, perte de terres agricoles et fragilisation des ressources naturelles. Face à ces enjeux, la restauration des sites dégradés constitue un défi majeur qui demande des réponses concrètes, une mobilisation communautaire et des moyens adaptés.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit la campagne de sensibilisation et de réhabilitation des zones dégradées par l’exploitation minière artisanale, mise en œuvre dans le cadre du Projet de Gestion des Ressources Naturelles, Minières et de l’Environnement (PGRNME), financé par la Banque mondiale à travers l’Unité de Gestion du Projet (UGP).
La mise en œuvre a été confiée à un consortium d’organisations de la société civile conduit par l’Association Trait d’Union des Jeunes Guinéens (ATUJG), en qualité de chef de file, avec la participation des ONG AFEME, CEDE, Guinée Écologie, Guinée Verte et JAG. Ensemble, ces organisations sont intervenues à Kounsitel, dans la préfecture de Gaoual, à Kiniéro, dans la préfecture de Kouroussa, et à Kintinian, dans la préfecture de Siguiri.
ATUJG et ses associés mobilisés sur le terrain
Au cours de cette première phase, ATUJG et les organisations membres du consortium ont privilégié une approche participative associant les communautés, les autorités locales et les services techniques. L’objectif était de sensibiliser les populations aux conséquences environnementales de l’exploitation minière artisanale, d’encourager leur implication dans la protection des ressources naturelles et de préparer les premières actions de reboisement.
Cette démarche a permis de mobiliser 134 personnes lors des rencontres de cadrage, puis de sensibiliser plus de 540 personnes à travers 30 groupes de discussion communautaires et trois forums, organisés dans les trois localités d’intervention.
Les échanges ont notamment porté sur la dégradation des sols, la protection des ressources en eau, les conséquences de l’orpaillage sur les activités agricoles et pastorales, ainsi que la responsabilité des communautés dans la préservation de leur environnement.
Pour ATUJG et ses associés, cette mobilisation constitue une étape essentielle. La restauration des sites miniers ne peut produire des résultats durables sans l’adhésion des populations, la participation des jeunes et des femmes et l’engagement des acteurs locaux dans la protection des espaces concernés.
Mission du 19 au 30 septembre : des avancées encourageantes et des besoins clairement identifiés
Du 19 au 30 septembre 2026, une mission de terrain a été organisée pour apprécier les acquis de cette première phase et examiner les conditions nécessaires à leur pérennisation.
La mission a permis de rencontrer plus de 32 personnes, dont 7 femmes, et de visiter les trois sites concernés, à raison d’un site par localité.
Les observations réalisées ont montré une évolution encourageante des plants, particulièrement à Kiniéro et à Kounsitel. Elles ont également permis de rappeler que les plantations restent vulnérables si elles ne bénéficient pas d’un entretien régulier, d’un arrosage adapté et d’une surveillance suffisante.
La disponibilité en eau, les risques de feux de brousse, la divagation des animaux et la nécessité de protéger les sites contre de nouvelles dégradations figurent parmi les principales préoccupations relevées. Ces constats confirment que la mise en terre des plants n’est qu’une étape du processus et que la réussite du reboisement dépendra surtout de la capacité des acteurs à préserver les plantations dans la durée.
Cette mission a ainsi permis à ATUJG et à ses associés de mieux cerner les besoins de consolidation et les priorités à prendre en compte pour la suite de l’initiative.
3 600 plants mis en terre et 9 hectares identifiés pour la restauration
Les activités conduites par le consortium ont permis d’identifier neuf hectares de zones destinées à la restauration, soit trois hectares dans chacune des localités ciblées.
Au total, 3 600 plants ont été mis en terre dans le cadre des actions documentées :
Kounsitel : 1 700 plants, dont 700 mélinas et 1 000 tecks ;
Kiniéro : 1 500 mélinas ;
Kintinian : 400 mélinas.
Les trois sites ont également fait l’objet de mesures de sécurisation. En parallèle, les pépinières de Kounsitel et de Kiniéro sont en cours de développement, tandis que celle de Kintinian est prévue à partir de janvier 2027.
Ces résultats traduisent les efforts engagés par ATUJG et ses associés pour passer de la sensibilisation à des actions concrètes sur le terrain. Ils constituent une première contribution au reboisement des zones ciblées, sans pour autant signifier que les neuf hectares sont entièrement restaurés.
En effet, la remise en état complète des sites dégradés par l’exploitation minière est un processus complexe qui exige des interventions complémentaires, des compétences techniques et des ressources importantes. Dans le cadre de cette première phase, le périmètre validé avec l’UGP a porté sur le reboisement.
Restaurer durablement exige des moyens conséquents
L’expérience acquise par ATUJG et ses associés confirme que la restauration environnementale ne peut se limiter à la plantation d’arbres. Elle suppose également de développer et d’entretenir les pépinières, de sécuriser les sites, d’assurer l’arrosage, de remplacer les plants qui n’auraient pas survécu et de mettre en place un suivi régulier.
Ces opérations nécessitent des moyens techniques, matériels et financiers conséquents, ainsi qu’un accompagnement dans la durée. Elles doivent aussi tenir compte des réalités locales, des saisons favorables au reboisement et de la capacité des communautés à participer à l’entretien des plantations.
La première phase a permis de mieux comprendre ces exigences et de dégager des pistes pour renforcer les actions engagées. Elle a également montré l’importance de soutenir les relais communautaires, de développer les pépinières et d’améliorer les conditions pratiques de suivi des sites.
Pour ATUJG et ses associés, les acquis obtenus constituent une base sur laquelle il est possible de construire une intervention plus ambitieuse, à condition que les moyens mobilisés soient à la hauteur des besoins du terrain.
ATUJG et ses associés prêts à consolider et à élargir l’initiative
Forte de l’expérience acquise au cours de cette phase pilote, l’ONG ATUJG et les organisations membres de son consortium réaffirment leur disponibilité à poursuivre cette dynamique, à consolider les acquis, à renforcer les actions déjà engagées et à contribuer à l’extension progressive de l’initiative à d’autres zones affectées par l’exploitation minière artisanale en Guinée.
Cette volonté s’appuie sur les enseignements tirés du terrain, la connaissance des réalités communautaires et l’expérience acquise dans la coordination d’actions de sensibilisation, de mobilisation locale et de reboisement.
Le consortium entend ainsi poursuivre le travail engagé avec les communautés, les autorités locales et les services techniques, tout en renforçant les conditions nécessaires à la pérennisation des plantations et au développement des pépinières communautaires.
Pour concrétiser cette ambition, ATUJG et ses associés sollicitent l’appui de l’État guinéen, des partenaires techniques et financiers et de l’ensemble des acteurs engagés dans la protection de l’environnement. Leur soutien permettrait de consolider les acquis de cette première phase, de poursuivre les opérations de reboisement, d’assurer l’entretien des plants et de donner à cette initiative la possibilité de s’étendre à d’autres territoires confrontés aux mêmes défis environnementaux.
Au-delà des résultats obtenus à Kounsitel, Kiniéro et Kintinian, l’enjeu est de faire de cette expérience un point de départ pour une action plus structurée et durable en faveur de la restauration des terres dégradées, de la préservation des ressources naturelles et de l’amélioration des conditions de vie des communautés.
Pour ATUJG et ses associés, la phase pilote a permis de poser des bases concrètes. Le défi est désormais de préserver ces acquis, de renforcer les actions engagées et de mobiliser les partenariats nécessaires pour élargir cette dynamique à l’échelle nationale.
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