Dans le cadre du projet <> soutenu par la coopération française à travers CFI Médias qui vise à renforcer les capacités des médias de quatre (4) pays africains dont la Guinée, des journalistes viennent d’être outillés sur les techniques de production de contenus, accessibles et de qualité sur les enjeux liés au changement climatique, à l’environnement et au développement durable. Les journalistes de Radio Environnement bénéficiaires du projet, ont initié un sujet sur la problématique liée à la destruction des mangroves qui constituent l’un des écosystèmes côtiers les plus emblématiques et à la fois fragiles du littoral guinéen.

Les zones de mangrove, représentent un espace où se côtoient dynamique écologique, enjeux socio-économiques et pressions anthropiques croissantes. Ces mangroves jouent un rôle écologique essentiel : protection contre l’érosion côtière, stabilisation des sols, nurserie pour de nombreuses espèces halieutiques, et réservoir de biodiversité. Elle assure également des services éco systémiques indispensables aux communautés locales, qui y trouvent ressources, moyens de subsistance et opportunités économiques.
Cependant, malgré toute l’importance, la mangrove de Gbessia à l’image des autres, subit de multiples menaces liées à l’urbanisation accélérée, à l’exploitation du bois, au comblement anarchique et à la pollution domestique. C’est dans ce contexte que la rédaction de Radio Environnement à travers une de ses journalistes a mené une visite de terrain pour analyser de près son état actuel, comprendre les interactions entre activités humaines et dynamiques naturelles, et évaluer les enjeux de sa conservation.
Pour mieux comprendre cette problématique liée à la destruction des mangroves en Guinée, nous avons recueilli l’avis de Monsieur Cyril Aboly, Conseiller juridique du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable. M. Aboly a apporté un éclairage essentiel sur l’ampleur du phénomène, les efforts engagés par l’État ainsi que les défis persistants dans la protection de ces écosystèmes côtiers stratégiques.
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Pour corroborer ces propos, le riverain rencontré lors de la visite de terrain, à la zone de mangrove de Gbessia a fait remarquer que le couvert végétal se détériore à un rythme inquiétant, principalement en raison de l’occupation anarchique des espaces, du prélèvement excessif de bois et du dépôt d’ordures domestiques. Il affirme que de nombreuses familles, confrontées au manque de terrains et de ressources, surexploitent la mangrove sans mesurer les conséquences à long terme.

Le riverain souligne également que: << la responsabilité de cette dégradation est partagée entre la population et l’État. D’un côté, les habitants reconnaissent manquer de sensibilisation suffisante et admettent que certaines pratiques nocives persistent par nécessité ou par ignorance. De l’autre, à l’État de surveiller, de sanctionner et surtout de mettre en place de véritables politiques d’aménagement et de protection de la mangrove. Il faut mentionner que l’absence de mesures concrètes et d’alternatives économiques pour les riverains entretient la destruction de cet écosystème vital>> nous explique Alhassane Sainte Diané.

Au cours de la sortie de terrain menée dans la mangrove de Gbessia, plusieurs acteurs clés ont été rencontrés afin de mieux comprendre les réalités socio-économiques et environnementales liées à l’exploitation des ressources halieutiques. Parmi eux, le chef de port, figure incontournable de l’organisation de la pêche artisanale, ainsi que les femmes fumeuses de poisson, dont l’activité constitue un maillon essentiel de la chaîne de valorisation du poisson dans la zone.
<< Ce qui a gâté ici, c'est les problèmes de bois car nous voyons les coupeurs venir chercher du bois ici et maintenant la reproduction du poisson est très rare par là. C'est qui a aussi fait que c'est rare de voir des poissons venir sauf si ça fait des jours, après on les voit venir petit à petit. En ce moment la quantité d’eau est réduite, la terre devient sèche, aidez-nous à les sensibiliser pour avoir une solution>>. Pour le Chef de port Ibrahima Sory Sylla << ce qui nous fatigue en ce moment ici on peut avoir de poissons et les vendre, il n'y a pas de congélateurs, on met les poissons dans les anciens congélateurs et on se déplace d'ici jusqu'à matoto des fois au Km 36 même pour vendre les poissons encore. Nos enfants souffrent tellement ici puis les poissons qu'on pêche d'autres meurent et donnent et pourrissent tout ça parce qu’on n’a pas de congélateurs pour conserver les poissons c'est de la glace qu'on achète pour mettre sur les poissons alors que ce n’est pas suffisant, et il n'y a pas de four où griller les poissons c'est de cette souffrance qu'on a en ce moment. S’il vous plaît aidez-nous>>. Aicha Sylla, fumeuse.

Pour enrichir l’analyse et apporter un regard scientifique sur les enjeux observés, un chercheur environnementaliste a également été interrogé. Il a offert une perspective éclairante qui permet de mieux comprendre les interactions complexes entre les activités humaines, la biodiversité et l’équilibre écologique de la zone.
<> dénonce Abdoulaye Sadjo Diallo, chercheur environnementaliste.

Face à ces constats préoccupants, il apparaît clairement que la mangrove de Gbessia se trouve dans un état de détresse. Sa dégradation progressive menace non seulement les équilibres naturels, mais également les moyens de subsistance des populations locales qui dépendent de ses ressources. La conservation de cette mangrove nécessite donc une approche intégrée, combinant actions de sensibilisation, gestion territoriale adaptée, restauration écologique et implication active des communautés riveraines. Les mangroves qui demeurent d’importants puits carbone pour la séquestration du CO2, responsable du réchauffement climatique.

Myra BAH au port de pêche de Gbessia port pour Radio Environnement

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