Kindia, 15 août 2026 — Le site de Koukou, dans la préfecture de Kindia, a abrité ce samedi une journée de reboisement participatif d’envergure, organisée dans le cadre du projet Franklinia 2. Autorités environnementales, organisations de la société civile, communautés locales et élèves se sont unis autour d’un même combat : contribuer activement à la restauration des espaces naturels et à la préservation de la biodiversité.
Financé par la Fondation Franklinia, ce programme de conservation repose sur une synergie d’acteurs engagés. On y retrouve notamment Guinée Écologie, l’Association Guinéenne pour l’Éco-Développement Durable (AGEDD) et l’Herbier National de Guinée, travaillant de concert avec la Direction préfectorale de l’Environnement et du Développement durable de Kindia.
Une action concrète pour la biodiversité
Pour cette campagne sur le terrain, 100 plants d’Afzelia africana — communément appelé léngué — ont été gracieusement fournis par l’AGEDD au profit des quatre écoles partenaires de Kindia. Au-delà de cette dotation ponctuelle, l’organisation déploie ses efforts dans la création de pépinières communautaires et la sauvegarde d’écosystèmes menacés, à l’instar du Mont Gangan, de la forêt de Kakiwondi à Coyah et du massif de Kounoukan à Forécariah.
Pour Moustapha Oso Sylla, président de l’Association des Jeunes Amis de Tafory Météo, jeter son dévolu sur le site de Koukou témoigne de la reconnaissance de sa haute valeur écologique.
« C’est une grande fierté pour nous. Nous nous engageons à œuvrer pour la protection et la conservation de ce site avec ces espèces que les partenaires viennent de mettre en terre avec nous », a-t-il déclaré, tout en plaidant pour un engagement accru des partenaires techniques et financiers en faveur des initiatives locales.
L’école au cœur de la stratégie environnementale
Si le reboisement constitue la vitrine visible de l’événement, le projet Franklinia 2 mise avant tout sur l’éducation environnementale de long terme. Le programme couvre actuellement dix établissements scolaires répartis à travers les préfectures de Coyah, Forécariah et Kindia. Des clubs environnementaux y ont été institutionnalisés afin d’impliquer directement les jeunes générations dans la sensibilisation et la conservation.
Une vision partagée par Fara Kamano, directeur préfectoral de l’Environnement et du Développement durable de Kindia, qui y voit l’unique moyen d’inverser durablement la courbe de la dégradation écosystémique.
« Si on apprend aux enfants à l’école comment conserver et protéger l’environnement, la tendance sera renversée », soutient-il, qualifiant cet investissement pédagogique de rempart indispensable face aux urgences climatiques et aux pressions sur les ressources naturelles.
Cet argument trouve un écho technique auprès d’Algassimou Kanté, ingénieur des eaux et forêts et assistant du projet pour l’Herbier National de Guinée, qui insiste sur la nécessité d’armer les jeunes face aux menaces qui pèsent sur les espèces menacées.
« Les futurs gestionnaires de nos ressources naturelles »
Sur le terrain, les écoliers ont abandonné les manuels scolaires le temps d’une matinée pour passer de la théorie à la pratique, en mettant directement les mains dans la terre. Pour Camara Ousmane, animateur au sein de Guinée Écologie, cette approche participative répond à une logique d’anticipation stratégique
À l’issue de cette journée de mobilisation à Kindia, l’heure est au suivi. Au-delà des arbres plantés, le véritable défi réside désormais dans l’entretien et la pérennisation de ces espaces verts, avec l’ambition chevillée au corps de transformer durablement la jeunesse guinéenne comme première gardienne de son patrimoine forestier.
Joe ZOUM kindia pour radio environnement








