Conakry, après 17 jours d’arrêt de leurs activités, les usines guinéennes spécialisées dans la production d’emballages plastiques destinés à l’eau minérale bénéficient désormais d’un délai supplémentaire de six (6) mois.
Le gouvernement guinéen vient donc d’accorder un moratoire aux unités concernées, afin de leur permettre de poursuivre, de manière encadrée, la production de plastiques exclusivement destinés au conditionnement de l’eau minérale.
Cette décision intervient alors que l’interdiction de la fabrication, de l’importation, de la commercialisation et de l’utilisation des emballages et objets en plastique à usage unique est entrée dans sa phase d’application effective en septembre 2026. Le gouvernement avait annoncé cette mesure dans le cadre de sa politique de lutte contre la pollution plastique et de protection de l’environnement.
Le nouveau moratoire constitue ainsi un assouplissement ciblé. Il ne s’agit pas d’une levée générale de l’interdiction des plastiques à usage unique. Selon le communiqué gouvernemental, la dérogation concerne uniquement les plastiques utilisés par les unités de production d’eau minérale.
Une décision ciblée sur l’approvisionnement en eau.
Cette précision intervient dans un contexte marqué par des inquiétudes concernant l’approvisionnement de la population en eau conditionnée. Quelques jours après l’entrée en vigueur de l’interdiction, le ministère de l’Industrie et du Commerce avait constaté une hausse des prix de l’eau embouteillée et appelé les opérateurs à maintenir les tarifs pratiqués avant la mesure.
Le gouvernement avait également indiqué que des dispositions étaient envisagées pour diversifier l’offre, notamment à travers des formats de bouteilles adaptés et la promotion de l’eau conditionnée dans des emballages biodégradables.
Le moratoire de six (6) mois est comme une mesure transitoire destinée à éviter une rupture dans la chaîne de production et de distribution de l’eau minérale, tout en maintenant l’objectif de réduction des déchets plastiques.Une période pour s’adapter et se reconvertir. Pour les producteurs concernés, ces six mois devraient constituer une période d’adaptation. L’objectif est notamment de permettre aux industriels d’explorer des solutions alternatives et de se conformer progressivement aux nouvelles exigences environnementales. L’arrêté conjoint fixant les modalités d’application de l’interdiction prévoit déjà des mécanismes de mise en conformité et de reconversion pour les unités industrielles concernées. Il précise notamment que les entreprises peuvent être appelées à présenter un plan de reconversion précisant les équipements, les investissements, les emplois concernés, les produits alternatifs et le calendrier de transition.
Cette orientation traduit la volonté affichée des autorités de concilier la protection de l’environnement avec la nécessité de préserver l’activité économique et l’accès de la population à certains produits essentiels. Entre impératif environnemental et nécessité économique, l’interdiction des plastiques à usage unique répond à un problème environnemental majeur en Guinée. Les autorités ont régulièrement dénoncé l’accumulation des déchets plastiques dans les rues, les caniveaux et les cours d’eau, avec des conséquences sur l’environnement, la santé publique et les risques d’inondation. Mais la mise en œuvre de cette politique pose également des défis économiques et sociaux, notamment pour les entreprises dont l’activité repose largement sur la production d’emballages plastiques et pour les travailleurs qui en dépendent.
Le moratoire accordé aux producteurs de plastiques destinés à l’eau minérale vient ainsi répondre à une situation particulière : protéger l’environnement sans compromettre l’accès à l’eau conditionnée.Durant les six prochains mois, l’enjeu sera donc de savoir si les industriels pourront réellement accélérer leur transition vers des solutions plus respectueuses de l’environnement. Pour les autorités, cette période devra également permettre de renforcer le contrôle et d’éviter que la dérogation ne soit utilisée pour maintenir la production d’autres plastiques interdits.
Une chose est désormais claire : le moratoire ne remet pas en cause l’objectif de réduction du plastique en Guinée. Il ouvre plutôt une période transitoire, strictement limitée au secteur de l’eau minérale, avant une nouvelle étape dans la lutte contre la pollution plastique.
Myra BAH pour Radio Environnement








