L’accès équitable des femmes et des jeunes aux terres agricoles demeure un enjeu majeur du développement rural en Guinée. Afin de contribuer à une meilleure compréhension du cadre juridique encadrant la gouvernance foncière, le projet Agri-Eco d’Enabel a organisé à Kindia un atelier de sensibilisation réunissant services techniques, organisations paysannes, journalistes et autres acteurs concernés.

Cette rencontre avait pour objectif de renforcer les connaissances des participants sur les textes législatifs et réglementaires relatifs au foncier rural, tout en déconstruisant les idées reçues qui continuent de limiter l’accès des femmes à la propriété et à la sécurisation des terres.

Pour Sangare Mariam Sylla, Secrétaire administrative de la Fédération des Organisations Paysannes de la Basse-Côte en culture maraîchère (FOPMA-BG Guinée), cette formation marque une étape importante dans la compréhension des mécanismes de gestion foncière « Avant cet atelier, je ne maîtrisais pas les différentes compétences des services intervenant dans le domaine foncier. Aujourd’hui, je comprends mieux le rôle de chacun ainsi que les procédures à suivre. J’ai surtout appris que les femmes disposent légalement des mêmes droits que les hommes pour acquérir des terres. Ces connaissances doivent désormais être relayées afin que davantage de femmes puissent faire valoir leurs droits », a-t-elle expliqué.

Expert en autonomisation économique des femmes au sein du projet Agri-Eco d’Enabel, M. Youssouf Barry a rappelé que cette initiative s’inscrit dans une démarche de promotion d’une gouvernance foncière inclusive.

Selon lui, l’atelier visait à permettre aux différents acteurs de mieux s’approprier les dispositions légales régissant le foncier rural en Guinée et à favoriser une compréhension commune des droits fonciers.

Il s’est félicité de la qualité des échanges, estimant que les témoignages des participants traduisent une réelle évolution des perceptions sur les droits des femmes « Les interventions ont montré que plusieurs participants avaient auparavant une connaissance limitée des textes. À l’issue de cette formation, ils reconnaissent que les femmes bénéficient des mêmes droits que les hommes en matière d’accès à la terre. Nous les invitons à devenir des relais de sensibilisation afin que ces acquis profitent également aux communautés », a-t-il souligné.

Même constat pour Sylla Mohamed, de la section des Ressources foncières rurales de Kindia, qui estime que l’atelier a permis de dissiper de nombreuses incompréhensions.

Il a rappelé que les femmes peuvent obtenir des terres agricoles sécurisées en leur nom, à condition de suivre les procédures administratives prévues par la réglementation, notamment la constitution d’un dossier auprès des services compétents de la Direction préfectorale de l’Agriculture et de l’Élevage.

Pour les organisateurs, la vulgarisation des textes fonciers constitue un levier essentiel pour réduire les inégalités d’accès à la terre et renforcer la sécurité foncière des femmes et des jeunes. À travers cette initiative, le projet Agri-Eco entend promouvoir une gouvernance foncière plus équitable, fondée sur le respect des droits consacrés par la législation guinéenne.
Joe ZOUM Kindia pour Radio Environnement

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